Instrument municipal de compensation carbone (Extrema – Minas Gerais)

Sénégal

Politique climatique du pays

Le secteur agricole sénégalais est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, car près de 95 % des surfaces cultivées dépendent directement des pluies (République du Sénégal, 2018). Le pays connaît une hausse des températures estimée entre +1,85 °C et +4,5 °C d’ici 2090, ainsi qu’une forte variabilité pluviométrique marquée par des sécheresses et des inondations plus fréquentes (Banque mondiale, 2024). Cette situation entraîne des pertes de production agricole, une dégradation des terres et une insécurité alimentaire croissante, avec des pertes économiques pouvant atteindre 9,4 % du PIB d’ici 2050 si des mesures d’adaptation suffisantes ne sont pas mises en œuvre (Banque mondiale, 2024).

Les insuffisances de la gouvernance climatique risquent toutefois d’accentuer cette vulnérabilité. Malgré l’existence de cadres stratégiques tels que les Contributions Déterminées au niveau National (CDN), le Plan National d’Adaptation (PNA) et la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP), la coordination entre les institutions, les collectivités territoriales et les acteurs locaux demeure limitée. Cette situation se traduit par une faible intégration des risques climatiques dans les projets agricoles, des difficultés de planification territoriale et un accès limité aux financements climatiques. Plusieurs initiatives ont néanmoins été développées pour renforcer cette gouvernance, notamment le renforcement du COMNACC, les services climatiques agricoles portés par ANACIM et ISRA, ainsi que les programmes d’agriculture intelligente face au climat soutenus par la FAO et la Banque mondiale. Par ailleurs, les limites de la gouvernance climatique réduisent fortement la capacité du secteur agricole à mobiliser les financements climatiques internationaux.

Malgré l’existence de mécanismes comme le Fonds Vert pour le Climat, l’accès aux ressources reste limité en raison des faibles capacités locales de montage de projets bancables et du manque de coordination institutionnelle (Banque mondiale, 2024 ; PNA-Agriculture, 2022). Plusieurs initiatives de maturation de projets climatiques sont soutenues par les partenaires techniques et financiers, mais leur appropriation reste encore faible au niveau local. Dans ce contexte, les dispositifs de bancassurance et d’assurance agricole sont de plus en plus considérés comme des instruments innovants permettant de réduire les risques de crédit liés aux aléas climatiques et de sécuriser les prêts agricoles (CNAAS, 2023).

Chronologie de la politique climatique nationale

1992

Signature par le Sénégal de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée à New York et ouverte à la signature lors du Sommet de Rio. (Nations Unies — Registre des traités)

1994

Ratification de la CCNUCC par le Sénégal; entrée en vigueur pour le pays le 15 janvier 1995. (Nations Unies — Registre des traités)

Mise en place initiale du COMNACC sous la forme d’un groupe national de concertation sur les changements climatiques.

1997

Soumission de la première Communication nationale du Sénégal à la CCNUCC. (CCNUCC)

2001

Adhésion du Sénégal au Protocole de Kyoto. (Nations Unies — Registre des traités)

2006

Dépôt du Programme d’action national d’adaptation aux changements climatiques (PANA). (CCNUCC / Gouvernement du Sénégal)

2010

Soumission de la deuxième Communication nationale du Sénégal. (CCNUCC)

2011

Adoption du décret n° 2011-1689 portant création et organisation du COMNACC; publication au Journal officiel le 3 mars 2012. (Journal officiel / FAOLEX)

2015

Préparation et communication de la Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) en amont de la COP21. (Gouvernement du Sénégal / CCNUCC)

Adoption de l’Accord de Paris par la COP21. (CCNUCC)

2016

Soumission de la troisième Communication nationale du Sénégal. (CCNUCC)

Promulgation de la loi n° 2016-19 autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de Paris. (Assemblée nationale / Journal officiel)

Dépôt de l’instrument de ratification de l’Accord de Paris par le Sénégal; entrée en vigueur le 4 novembre 2016. (Nations Unies — Registre des traités)

2020

Soumission de la première CDN du Sénégal : réduction des émissions de 5 % et 7 % sans condition, et de 23 % et 29 % sous condition, respectivement à l’horizon 2025 et 2030. (CCNUCC)

2022

Élaboration du Plan d’action national genre et climat et poursuite du processus de planification nationale de l’adaptation par secteurs. (DEEC / Gouvernement du Sénégal)

2024

Finalisation et publication du Plan national d’adaptation du secteur des zones côtières. (Gouvernement du Sénégal / CCNUCC)

2025

Soumission du premier Rapport biennal actualisé du Sénégal (BUR1). (CCNUCC)

Approbation du programme FP262 porté par La Banque Agricole pour le financement d’une agriculture intelligente face au climat. (Fonds vert pour le climat)

Publication du Plan national d’adaptation du secteur de l’agriculture. (Gouvernement du Sénégal / CCNUCC)

2026

Consultations, travaux sectoriels et dialogues liés à l’actualisation de la CDN. Les ateliers de validation doivent être distingués de l’adoption gouvernementale et du dépôt officiel auprès de la CCNUCC. (METE / COMNACC — statut du dépôt à vérifier)

Les instruments étudiés au Sénégal

L’ Annuaire des chercheurs Sénégal

Bibliothèque documentaire Sénégal

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Littérature grise

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