Politique climatique du pays
D’un point de vue climatique, les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat indiquent que les systèmes alimentaires, en incluant l’agriculture, les changements d’usage des terres, la déforestation et les différentes étapes des chaînes d’approvisionnement, représentent environ 21 à 37 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) (GIEC, 2019). Au Gabon, toutefois, les préoccupations liées au changement climatique sont principalement associées à la préservation des forêts et de leur fonction de puits de carbone. Le pays, dont près de 88 % du territoire est couvert de forêts naturelles, est considéré comme un pays à forte couverture forestière et faible déforestation (HFLD) et demeure un puits net de carbone. Le maintien de cette capacité d’absorption face aux pressions liées au développement constitue ainsi un enjeu central de son action climatique (République gabonaise, 2025). L’agenda climatique national s’est ainsi progressivement structuré autour de la conservation et de la gestion durable des ressources forestières, ainsi que des engagements internationaux en matière d’atténuation et d’adaptation, notamment dans le cadre de l’Accord de Paris (République gabonaise, 2025).
- Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. (2019). Climate change and land: An IPCC special report on climate change, desertification, land degradation, sustainable land management, food security, and greenhouse gas fluxes in terrestrial ecosystems. IPCC.
- République gabonaise. (2025). Troisième Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) du Gabon. Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

La trajectoire des politiques climatiques et forestières au Gabon
Historiquement, le premier Plan national d’action environnementale (PNAE) a été élaboré à la suite de la Convention de Rio de 1992, avec pour objectif d’adopter une nouvelle approche des enjeux économiques sous l’angle de la durabilité. À cette époque, le PNAE du Gabon n’abordait pas spécifiquement les stratégies climatiques, mais mettait plutôt l’accent sur la préservation du patrimoine naturel du pays, caractérisé par une « biodiversité exceptionnelle, de vastes étendues forestières comprenant des fragments de forêt primaire intacte et abritant une faune riche » (Pourtier, 2003). Depuis la signature de l’Accord de Paris, traité juridiquement contraignant sur les changements climatiques, les objectifs climatiques ont été explicitement formulés en termes d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques. Un Plan national climat a ensuite été établi afin de définir les stratégies climatiques des différents secteurs économiques. En s’inscrivant dans les cadres internationaux — Accord de Paris, Objectifs de développement durable (ODD) et REDD+ —, le Gabon s’est engagé à respecter ses obligations climatiques au titre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La stratégie climatique du Gabon, centrée sur les forêts, a été davantage renforcée par la signature de l’accord entre la Norvège et le Gabon, qui a conduit à la mise en place du programme de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI). La logique sous-jacente était que, bien que la couverture forestière constitue un atout écologique majeur, elle fait l’objet d’une exploitation depuis 1957, notamment à travers l’exportation d’okoumé[1] et de bois[2], ainsi que, plus récemment, par le développement d’activités agricoles, en particulier la culture du palmier à huile, susceptible d’accélérer la déforestation.
Ainsi, dans un contexte où les forêts constituent une double ressource économique, à la fois pour la production agricole et pour les exportations de bois, tout en étant simultanément au cœur de préoccupations environnementales et sociétales (Robert et Boughedada, 2025), l’État gabonais cherche à poursuivre ses objectifs de conservation des forêts et de gestion durable des ressources forestières. L’agriculture s’inscrit dans cette trajectoire de politique publique orientée vers la forêt, qui établit un lien étroit entre les deux secteurs .Autrement dit, l’agriculture est façonnée par des politiques publiques qui ont historiquement accordé la priorité à la gestion et à la valorisation économique des forêts. Par exemple, l’accès aux terres, l’attribution des concessions forestières et les types de cultures encouragés peuvent être conditionnés par les politiques relatives à l’exploitation et à la conservation des forêts.
[1] L’okoumé est un bois tropical précieux et constitue l’une des principales essences exploitées au Gabon. Il est notamment utilisé dans la fabrication de contreplaqué, la menuiserie et la construction navale.
[2] Projet FORAFRI (1999), « L’aménagement forestier au Gabon – historique, bilan, perspectives ». Sébastien Drouineau, Robert Nasi, en collaboration avec Faustin Legault et Michel Cazet, 64 p.
Chronologie de la politique climatique nationale
Chronologie de l’agenda climatique national. Élaboration de l’auteur Viala , adaptée du rapport « Niveau de référence des émissions forestières proposé par le Gabon dans le cadre de la REDD+ » (CNC, 2021).
Les instruments étudiés au Gabon
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Commission nationale d’attribution des terres
En savoir plus : Commission nationale d’attribution des terresFavoriser la coordination entre ministères et acteurs et allouer les terres en intégrant des objectifs de protection forestière
Les actualités au Gabon
L’ Annuaire des chercheurs Gabon
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Viala Mbazogo Mendene
Fieldwork in Gabon (WP2 & WP3) | PhD Candidate, University of Montpellier / CIRAD