Objectif
Le comité définit les orientations stratégiques, guide l’élaboration des politiques climatiques et délibère sur les stratégies et actions du pays. Il peut créer des groupes techniques temporaires et sectoriels (ex. agriculture). Il inclut différents types de membres disposant du droit de vote
Description
La gouvernance climatique fédérale du Brésil repose sur le Comité interministériel sur le changement climatique (CIM), l’organe chargé, dans le cadre de la Politique nationale sur le changement climatique (PNMC), d’assurer la coordination de l’action des ministères et de suivre la mise en œuvre de la politique climatique. Le CIM a été conçu comme un dispositif de gouvernance à plusieurs niveaux, structuré en quatre instances : politique, exécutive, consultative et technique. Sa coordination est assurée par la Casa Civil [1] (Cabinet de la Présidence de la République), tandis que le ministère de l’Environnement et du Changement climatique (MMA) en assure le secrétariat exécutif. En juin 2024, le Sous-comité exécutif (SUBEX) a été créé afin de renforcer ce dispositif de coordination. Depuis lors, il est devenu le principal organe consultatif du CIM. Le SUBEX constitue un instrument procédural non financier : plutôt que d’allouer des ressources, il agit par la coordination, la définition des priorités et l’articulation institutionnelle, en assurant le lien entre les instances techniques du CIM et le processus de décision politique, avant que les questions ne soient soumises au Plénum des ministres. Placé sous la direction du MMA, il réunit des hauts responsables issus de onze ministères [2]. Le sous-comité se réunit chaque trimestre, des réunions extraordinaires pouvant être organisées en fonction des besoins. À ce jour, ses travaux se sont principalement concentrés sur trois priorités : la préparation et le suivi du lancement du nouveau Plan national sur le changement climatique et de sa Stratégie nationale d’atténuation et d’adaptation, publiés en décembre 2025 ; le suivi des préparatifs du Brésil en vue de la COP30 ; et la coordination des acteurs qui composent l’architecture élargie du CIM. La figure 1 présente la place occupée par le SUBEX au sein de cette architecture de gouvernance.
[1] La Casa Civil est l’organe de la Présidence de la République chargé de coordonner l’action gouvernementale entre les ministères, de conduire les négociations interministérielles et d’appuyer la prise de décision présidentielle. Sous les gouvernements de Luiz Inácio Lula da Silva, elle a joué un rôle central dans la coordination des politiques publiques et l’arbitrage politique au sein du pouvoir exécutif fédéral.
[2] Parmi les ministères de coordination figurent la Casa Civil, le ministère des Finances et le ministère de la Planification et du Budget, qui constituent le socle de la capacité du comité à assurer l’arbitrage politique et l’allocation des ressources. Les ministères sectoriels comprennent le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MAPA), le ministère du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services (MDIC), le ministère des Mines et de l’Énergie (MME), le ministère de la Science, de la Technologie et de l’Innovation (MCTI), le ministère des Villes (MCID), le ministère de l’Intégration et du Développement régional (MIDR), ainsi que le ministère des Affaires étrangères (MRE).
Pays
Brésil
Échelle
National
Nature
Non financier
Dans quelle loi / programme cet instrument est-il inclus
Décret n° 11.550 du 5 juin 2023
Reconstruire la coordination climatique : quelle place pour l’agriculture ?
Le CIM, créé en 2007, a fonctionné jusqu’en 2019 avant d’être affecté par la suppression de nombreux conseils et commissions fédéraux sous l’administration Bolsonaro. Avec le retour du gouvernement Lula en 2023, le comité a été rétabli avec un rôle stratégique renforcé et réunit désormais 23 ministères, ainsi que des représentants du monde scientifique, de la société civile, des gouvernements infranationaux et de l’administration.
Le SUBEX est né de cette reconstruction institutionnelle. Sa composition associe des ministères de coordination (Casa Civil, Finances, Planification) et des ministères sectoriels (agriculture, industrie, énergie, commerce, développement urbain). Pour la recherche sur la gouvernance climatique agricole, il est particulièrement intéressant de constater que l’agriculture y apparaît comme un secteur parmi d’autres, malgré son poids économique et politique.
En pratique, le travail de terrain montre que le SUBEX constitue l’espace où les travaux techniques sont examinés et traduits en arbitrages politiques avant d’être soumis au Plénum des ministres. Il joue ainsi un rôle central dans l’articulation entre expertise technique et prise de décision politique.
Photographies de la première réunion du Comité interministériel sur le changement climatique
Chronologie du SUBEX : le Sous-comité exécutif du CIM